Le 4 pattes AVANT la position assise

17 octobre 2014

 

La joie du mouvement, c’est le titre d’un DVD diffusé par l’association Pikler Loczy de France pour parler des avantages de la motricité libre et cette joie qu’a l’enfant à se mouvoir de sa propre initiative et par ses propres moyens.

Dès la naissance, il bougera les mains, les bras de manières réflexes. Au fur et à mesure de sa croissance, il suivra des yeux les déplacements autour de lui, cela l’amènera à bouger sa tête de droite à gauche et inversement. Ces mouvements lui permettront de muscler sa nuque en douceur, la tête restant posée au sol.Les mains deviendront plus agiles et il pourra prendre un morceau de tissu. En bougeant ses bras, le tissu bougera créant un mouvement devant son regard.L’enfant peut aussi rester à regarder ses mains, joindre l’une à l’autre, toucher ses doigts, les plier, les déplier et ressentir du plaisir à ces mouvements simples aux yeux d’un adulte et qui ont toute leur importance pour le développement des muscles des doigts, de la main, du poignet. Il prendra plaisir à faire ces exercices.

L’adulte peut avoir l’impression qu’il s’ennuie s’il n’y a pas de jeux, de musique, de lumière qui changent autour de l’enfant. Cependant, c’est dans le calme et une lumière douce qu’il peut le mieux appréhender son corps dans les premières semaines de vie. Il pourra expérimenter les sons en poussant des petits cris, il apprendra à s’entendre, puis à s’écouter, jouant avec sa voix. Cet exercice est impossible pour lui s’il y a des jouets sonores en permanence autour de lui, la radio ou la télévision allumée.

Apprendre à prendre du plaisir avec son corps, c’est un bon moyen d’être bien dans sa peau. Le tout petit passe de longues minutes à faire différents exercices pour se muscler de manière totalement naturelle et sans forcer. Il apprend ses propres limites physiques et les limites de son environnement.

En grandissant, il arrivera à se tourner sur le ventre, après de très nombreux exercices pour se mettre sur le côté en soulevant son dos et en tournant ses hanches musclant ainsi d’autres parties de son corps et toujours en douceur. Une fois sur le ventre, il fera des efforts en étirant ses bras vers l’avant pour attraper un jouet posé près de lui. Puis il se mettra à ramper à plat ventre puis sur les genoux en se déplaçant à 4 pattes. Cette pratique est nécessaire à la bonne musculation de son dos et des ses abdominaux, ce qui lui permettra de s’asseoir et de ses cuisses, ses jambes pour se mettre debout.

Un enfant fait donc du 4 pattes AVANT de s’asseoir et non l’inverse quand l’acquisition de ses mouvements est naturelle et respectée par l’adulte.

Le déplacement à 4 pattes est un élément important pour le développement de l’enfant. Le fait de procéder à des mouvements croisés (jambe gauche / bras droit et jambe droite / bras gauche) connecte les deux hémisphères du cerveau. Des exercices de croisés sont proposés en rééducation et kinésiologie éducative pour favoriser les fonctions cérébrales qui peinent un peu. En connectant le cerveau droit et le cerveau gauche, les connexions internes se forment développant les échanges entre les deux parties. Le cerveau gauche est celui du langage, de l’analyse, du raisonnement logique, du calcul numérique. Le cerveau droit est celui de la perception sensible, du ressenti, des émotions.

Plus l’enfant rampe (à plat ventre et/ou à 4 pattes) plus son dos est musclé pour apprendre à s’asseoir puis à marcher. Quand on voit le nombre d’adultes de nos jours qui ont des problèmes de dos, on se dit qu’il est grand temps que la motricité libre devienne à la mode.

En plus d’avoir un corps musclé, l’enfant qui grandit ainsi sera souple et agile. Il pourra découvrir d’autres positions, d’autres mouvements (grimper des marches, monter à une échelle) en toute sécurité. En effet, lors de son long apprentissage il aura appris la mesure de ses mouvements, il sera prudent et attentionné dans ses nouvelles découvertes motrices et ne se mettra pas en danger. L’enfant sait tomber avant de savoir marcher. C’est un avantage certain pour l’acquisition des premiers pas (des premières chutes) qui peuvent parfois inquiéter les adultes.

L’assurance motrice apporte aussi une assurance psychologique, un confiance en soi plus grande, donc du plaisir et de la joie. La motricité libre se déroule toujours sous le regard bienveillant d’un adulte, l’enfant n’est pas laissé seul. L’adulte est présent sans intervenir, l’enfant peut l’appeler s’il est en difficulté. Cela arrive parfois lors des premiers retournements sur le ventre lorsque l’enfant coince son bras sous son corps et n’arrive pas à le débloquer. L’encouragement et l’attention bienveillante de l’adulte, le rassurant sur ses capacités, l’aidera à se dégager seul.

Un enfant a plaisir à découvrir son corps, il est heureux . L’adulte peut avoir crainte que l’enfant s’ennuie ou vouloir qu’il progresse plus vite et de ce fait lui propose de multiples activités et jouets. Ce n’est pas un besoin de l’enfant, c’est une projection de l’adulte.

C’est pourquoi, pour appliquer la motricité libre, c’est l’adulte qui travaillera le plus pour laisser faire l’enfant sans intervenir. Apprendre à être plutôt qu’à faire.

Connaissiez vous cette pratique ?

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 Et retrouvez un article complémentaire sur la motricité libre au parc

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Laisser l’enfant sur le dos

2 octobre 2014

Laisser l’enfant sur le dos lui permet de se muscler naturellement de manière douce et sans mouvement brusque. Cette position lui laisse la liberté de mouvoir sa tête de droite à gauche pour fortifier ses muscles sans crispation. Elle lui permet de lever ses bras, d’ensuite pouvoir découvrir ses mains, les observer. Puis vient le tour de l’observation des pieds qu’il peut lever et amener à lui. Il fera aussi des mouvements de rotation sur les côtés faisant ainsi travailler les muscles obliques. Les heures passées à faire ses exercices de musculation sans effort durant plusieurs semaines lui assureront pour l’avenir un tonus musculaire plus important lui permettant d’évoluer vers les positions de retournement puis de déplacement sur le ventre,

De cette position et de cette liberté de mouvement sans entrave nait également un sentiment de satisfaction, et de compétence, grandement nécessaire en grandissant pour continuer ses apprentissages.

Résumé partiel du document N°68 « Mouvements négligés » Dr Emmi Pikler 1981

J’ai pu observé un petit garçon qui avait souffert à l’accouchement, il avait eu un gros hématome au niveau de la nuque. Le médecin avait recommandé d’être très prudent et vigilent sur le maintien de sa tête afin qu’il n’ait pas de séquelle plus tard. Dès les premières semaines, je laisse l’enfant sur le dos, posé sur un tapis, musclant naturellement sa tête en la tournant de droite à gauche. Il a passé de longues minutes à observer ses mains, plier, déplier ses doigts un à un, tourner ses poignets. Et moi, d’aussi longues minutes d’observation avec bonheur de le voir faire méticuleusement chacun de ses gestes.

A l’âge d’un an le médecin qui l’avait vu nourrisson a été très surpris de l’état de sa nuque, aucune séquelle de l’hématome, la tête était parfaitement mobile.

En grandissant, il a développé des capacités en motricité fine impressionnante, démontant et remontant le téléphone portable de sa mère avec un petit tournevis, il avait 4 ans je crois (il avait pour modèle son père qui le faisait sur des ordinateurs).

C’est aujourd’hui un petit garçon de 7 ans, très musclé, qui ne s’est jamais blessé en tombant, même lorsqu’il a fait un soleil avec son vélo passant par dessus le guidon.

Bien sûr, le respect du développement de l’enfant en motricité libre ne signifie pas qu’il sera totalement exempt de douleurs, de crispations à l’âge adulte, cependant les réflexes dynamiques et posturaux auront été acquis naturellement assurant des mouvements souples et harmonieux.

Une autre observation d’une petite fille qui a eu une naissance difficile également avec spatules. Elle a grandit sans la motricité libre, inconnue à l’époque de ses parents et de l’assistante maternelle. A 11 ans, en 6ème, elle fait une première sciatalgie, le dos bloqué, une pointe douloureuse dans la fesse, le médecin prescrit des séances de kiné. Elle ira  une fois les séances de kiné finies, presque tous les mois durant plus d’un an chez l’ostéopathe pour cause de déplacement au niveau du dos. Rien n’y fait, les douleurs sont régulières, le dos se bloque souvent. Heureusement, sa maman découvre la rééducation dynamique et posturale, outil magnifique pour remédier à l’absence de fonctionnement de certains muscles. Les muscles de la nuque de fonctionnent pas tous, elle ne peut pas projeter sa tête en avant sans un mouvement d’épaule. Sa jambe gauche réagit moins (visible en séance de patinage où seule la jambe droite peut la propulser). D’autres points sont travaillés également au niveau du dos. Après 2 fois 6 semaines de travail 2 fois par semaine sur des mouvements précis, les blocages cessent.

Laisser l’enfant sur le dos, posé sur un tapis, quelques minutes par jour lorsqu’il est tout petit, puis de plus en plus longtemps l’aider à développer sa musculature et sa confiance.

Soyez rassuré si vous découvrez seulement aujourd’hui la motricité libre pour votre enfant, ce qu’il n’a pas été acquis pourra être récupéré par ce type de rééducation.

Prolongez votre découverte avec l’article « le 4 pattes avant la position assise »

 

 

 

 

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La motricité libre : même au parc

La motricité libre peut s’appliquer partout quand les enfants grandissent

motricité libre au parc

, même en dehors de la maison.

Les enfants sont souvent ravis d’aller dans les parcs où ils trouvent des bacs, à sable, des jeux, des toboggans et autres mini murs d’escalade.

Ces espaces de jeux sont aussi un moment pour l’enfant de découvrir son corps autrement, il devra tester ses capacités à monter un petit escalier ou une échelle. Il testera son équilibre en marchant sur une poutre.

S’il ne sait pas monter seul l’échelle pour accéder au toboggan, ne l’y mettez pas, et chercher un toboggan plus petit qu’il pourra monter et descendre par lui même. L’enfant aime faire plusieurs fois les mêmes gestes, les même trajets, c’est une manière pour lui d’ancrer un ressenti, un plaisir, de tester ses capacités motrices.

La place de l’adulte est auprès de lui, au moment des découvertes plus hasardeuses.Par exemple sur cette photo, juste derrière lui le temps qu’il monte l’escalier, puis sur le côté pour éviter qu’il tombe de la plateforme. Quand il est sur le toboggan, vous pouvez le laisser trouver lui même la position adéquate pour glisser tout en étant attentif à ses mouvements pour pouvoir le rattraper en cas de besoin.

Sur une poutre, l’adulte tient sa main à sa disposition pour qu’il s’y accroche, s’il le souhaite. C’est toujours l’enfant qui doit faire le choix. Au fur et à mesure de l’entrainement, il lâchera la main de l’adulte lorsqu’il se sentira plus sûr. Dans certains parcs, on peut trouver des poutres au sol, l’enfant peut donc s’entrainer seul à monter, descendre, marcher, le risque de chute entrainant une blessure est minime. D’ailleurs, les enfants aiment souvent marcher sur le bord du trottoir, c’est un moyen pour eux d’apprivoiser le vide à côté de leurs pieds.

Élever un petit selon ce fonctionnement demande à l’adulte d’avoir confiance dans les capacités naturelles de l’enfant. Cela peut nécessiter un travail sur soi préalable pour lâcher certaines peurs. Pour les parents, il est plus facile de commencer l’approche de la motricité libre avec un nourrisson, l’adulte évoluant au même rythme que lui, la progression se fait en douceur.

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