Protocole insuffisance de prise de poids du nourrisson

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Je reprends sous forme d’un article le protocole « Insuffisance de prise de poids de l’enfant allaité » (nourrisson de 3 jours et plus) qui a été rédigé en mai 2010 au sein du Coréam « au Coeur de L’Ouest un Réseau Allaitement Maternel » de Châteaubriant et auquel j’avais activement travaillé avec le Dr Laurent Sarthou pédiatre, Dr Ysabelle Moriaux Gynécologue, Blandine Pineau et Véronique Duclos sages-femmes.

En cette saison où les naissances sont nombreuses, il est important de rappeler que le premier mois d’allaitement d’un nouveau né est une période sensible.

Je vous invite à le lire, l’imprimer, le diffuser autant que vous voudrez, en citant les auteurs et la source bien sûr ( http://coream-ch.e-monsite.com/pages/insuffisance-de-poids.html) 🙂 et ce pour le bien être des bébés et de leurs mamans 🙂

***************

Site source :  http://coream-ch.e-monsite.com/pages/insuffisance-de-poids.html  le 18 avril 2014

Protocole « Insuffisance de prise de poids de l’enfant allaité » Conduite à tenir

Rédacteurs : Dr Laurent Sarthou pédiatre, Marie-Christine Eustache  (animatrice LLL à l’époque)

Vérificatrice : Véronique Duclos sage-femme

Approbatrices : Dr Ysabelle Moriaux Gynécologue-Obstétricien, Blandine Pineau, sage-femme

                1. I- PREREQUIS

– La prise en charge d’une femme ou d’un enfant malade doit être organisée sous la responsabilité d’un médecin

– Ce document vise à l’information des adhérents de l’association CORéAM et ne représente pas une autorisation de prodiguer des soins par des personnes non médecins ou non habilitées

– Le contenu de ce document est une aide au diagnostic et au traitement, il n’engage pas la responsabilité du médecin rédacteur. Le médecin examinateur de l’enfant et de sa mère reste libre et responsable de ses prescriptions.

                1. II – OBJET ET OBJECTIF DU DOCUMENT

  • Définir la limite inférieure de prise de poids de l’enfant nécessitant une intervention.

  • Identifier les signes d’un mauvais transfert de lait.

  • Réalimenter/réhydrater le nourrisson.

  • Accroître le volume de lait produit par la mère.

  • Favoriser le maintien d’un allaitement exclusif ou quasi exclusif dans la durée.

III – DOMAINE D’APPLICATION

  • Soignantes/soignants du réseau CORéAM.

  • Mères en bonne santé. Enfants nés à terme et exempts de toute pathologie.

  • Enfant(s) allaité(s) aux seins.

  • Enfants âgés de 3 jours et plus (après la période habituelle de séjour en maternité)

IV- DESCRIPTIF

A/ Prise de poids attendue:

Le nouveau-né allaité ne devrait pas perdre plus de 7% (si la mère n’a pas de montée de lait) à 8% (si la montée de lait est présente) de son poids de naissance (1) en deçà de cette limite, une intervention devrait être initiée.

A j5, la courbe de poids devrait être ascendante.

Le nouveau-né allaité devrait avoir repris son poids de naissance au 10ème jour. (6,7)

La prise de poids acceptable est de plus de 20g de par jour (2)et 140g par semaine au cours du 1er mois (8,9). En dessous de ces limites, une intervention devrait être réalisée pour accroître le volume de lait consommé par l’enfant.

B/ rechercher les signes d’un mauvais transfert de lait:

  1. Troubles du lien mère-enfant (échanges de regards, contact physique rare, pleurs non consolés…)

  2. Perte de poids après J3

  3. Méconium encore présent à J4

  4. Moins de 3 selles/24h chez l’enfant

  5. hypotonie, frein de langue court, ictère…de l’enfant

  6. engorgement sévère des seins de la mère mal soulagé par la tétée,

  7. absence de déglutition audible

  8. Nourrisson irritable, agité ou endormi, refusant de téter

  9. Moins de 6 couches mouillées par 24h chez l’enfant (4) (***)

Et chercher les causes possibles

  1. Tétées trop espacées moins de 6 tétées par jour (caractère individuel de chaque couple mère-enfant),

  2. Contraception hormonale (oestro-progestative et microprogestative), rétention placentaire, hémorragie importante lors de l’accouchement…

  3. Problème anatomique (hypogénésie mammaire, chirurgie mammaire (10))

  4. Séparation mère-enfant+++

  5. Mauvaise position au sein, mauvaise succion, utilisation d’une sucette (4)

  6. Mamelons irrités ou douloureux

Prendre un temps d’écoute avec le couple et élaboration conjointe de la stratégie la plus appropriée.

C/ Réalimenter/réhydrater l’enfant:

  1. L’enfant est en bon état général, semble avoir faim, reste vigoureux

    1. Mettre au sein dès les signes d’éveil (non pas «à la demande») et au maximum après 2 heures de la précédente tétée. Favoriser la proximité mère-enfant +++.

    2. Enseigner à la mère les signes d’une bonne tétée: bonne position corporelle, bonne prise en bouche, écoute de la déglutition…

    3. Pratiquer la super-alternance.

    4. Pratiquer la compression du sein.

    5. Au sujet du «lait de fin de tétée»… (**)

    6. La dyade mère-enfant devrait être revue 48-72 h plus tard.

    7. Une prise de 20 à 25g par jour est attendue.

  1. L’état de l’enfant n’est pas optimal ou les mesures ci-dessus n’ont pas été efficaces

    1. Toutes les mesures ci-dessus devraient être reproduites

Une perte de poids 12% devrait donner lieu à une consultation pédiatrique (examens complémentaires).

    1. Un complément de lait devrait être donné à l’enfant

      1. Le lait tiré par sa mère

      2. Un lait artificiel (*)

      3. Ration de complément : 50 ml/kg/j après les mises au sein, en 6 à 8 fois.

  1. Comment donner le complément à l’enfant ?

    1. Au doigt-paille avec sonde type Vygon™ 40 cm, charrière 6 (code 6281365). Elles peuvent être achetées à l’unité en pharmacie aux alentours de 2,40 €. S’il y a prescription la CPAM rembourse 0,54 € par sonde. Les sondes sont nettoyées après usage à l’aide d’une petite seringue.

    2. Au dispositif d’aide à la lactation (DAL)

    3. A la seringue

    4. A la tasse

    5. Au biberon (si l’enfant a plus d’un mois)

D/ Accroître le volume de lait produit par la mère.

  • Proximité mère-enfant, tétées plus fréquentes (10 à 12 par 24h), super-alternance, compression du sein devraient être les premières mesures mises en place

  • La mère devrait tirer son lait après chaque tétée (****). Le lait tiré sera donné à l’enfant ou conservé (ne jamais jeter du lait).

  • L’utilisation du tire-lait au-delà de la résolution du problème de poids permet à la mère de caler sa production de lait au-dessus des besoins du bébé, permettant à celui-ci des tétées plus faciles et plus abondantes.

  • Des plantes galactogènes peuvent être prescrites (sans argument scientifique fort). Fenugrec : 3 capsules 3 fois par jour (3)

  • Un traitement médicamenteux galactogène peut être prescrit (ex: domperidone (Motilium®, comprimés de 10 mg, 3 cp matin, midi et soir) (5)

  • En cas d’impossibilité d’arrêter les compléments et malgré les mesures mises en place, une insuffisance primaire de lait chez la mère devrait être explorée (environ 5% des cas – (2)).

E/ Suivi:

  • Le carnet de santé devrait être le support privilégié

  • Une pesée hebdomadaire de l’enfant devrait être organisée durant plusieurs semaines

  • Prise de poids attendue : 20 g/j minimum.

  • L’évaluation des objectifs de la mère (des parents) doit être régulièrement réalisée.

  • L’évaluation de la compréhension et de l’adhésion des parents vis-à-vis des moyens mis en place doit être régulièrement réalisée.

  • La suppression des compléments doit toujours être faite progressivement, avec vérification de la pesée de l’enfant (2)

Annexes:

(*) De nombreux «laits artificiels» sont disponibles, de la valeur desquels cette mise au point n’est pas l’objet. Deux types peuvent être utilisés: préparations pour nourrisson dit «lait 1er âge» (lait de vache ou de soja), ou «hydrolysat de protéine» le second ayant l’avantage théorique de ne pas sensibiliser (= rendre potentiellement allergique) l’enfant au lait de vache.

(**) Le lait est plus riche en lipides en fin de «vidange des alvéoles», ce qui ne correspond pas toujours à une «fin de tétée». L’élément primordial d’une bonne croissance est un apport suffisant de lait en volume quotidien (plutôt qu’en lipides) :600 à 690 ml/jour à partir de 2 semaines.

(***) «[L’enfant] urine six à huit fois par jour et ses couches sont lourdes» -soit 5 à 6 cuillères à soupe d’eau dans une couche sèche- «Les selles sont fréquentes et liquides le plus souvent surtout lors du premier mois. Elles sont d’aspect grumeleux et de couleur jaune d’or, et ont une odeur aigrelette.» (4). Une couleur verte signale un déséquilibre en lactose (tétées trop courtes)

(****) La mère devrait utiliser un tire-lait électrique double pompage de qualité professionnelle, automatique, efficace et confortable (Medela° Symphony, Medela° Lactina, Ameda° Lactaline, Avent IQ duo…). La location d’un tire-lait sur prescription médicale (médecin, sage-femme) est remboursée par la Sécurité Sociale (RSS TIPS 12,07 €/sem.) Prévoir l’achat d’un kit à usage personnel (30€, remboursé pour 6€): biberon pour recueillir le lait, téterelles (de taille adaptée au mamelon de la mère), tuyau.

Bibliographie:

  1. Prévenir les tragédies Les Dossiers de l’Allaitement n°51 Avr-Mai-Juin 2002 d’après MR Neifert Pediatr Clin North Am 2001;48(2):273-97 Prevention of breastfeeding tragedie

  2. Evaluer une prise de poids lente de la naissance à 3 mois chez l’enfant allaité Les Dossiers de l’Allaitement n°57 Oct-Nov-Déc 2003 d’après NG Powers. How to assess slow growth in the breastfed infant from birth to 3 months. Pediatr Clin North Am;48(2):345-63

  3. J Newmanhttp://mamadearest.ca/fr/info/newman/24-divers-traitments.htm(consulté le 5 février 2010)

  4. Réseau Sécurité Naissance-Naître ensemble en Pays de la Loire. Plaquette «Les signes d’une bonne tétée»

  5. J Newman http://mamadearest.ca/fr/info/newman/19a-domperidone.htm (consulté le 6 mars 2010)

  6. Macdonald PD, Rosse SR, Grant L, Young D. Neonatal weight loss in breast and formula fed infants. Arch Dis Child Fetal Neonatal Ed 2003;88(6):F472-6

  7. Shargo L. The relationship between bowel output and adequacy of breastmilk intake in neonates’ first weeks of life. in : Association for Women’s Health Nurs 1992;3(4):582-97

  8. Dewey KG, Heingig MJ, Nommsen LA, Lonnerdal B. Adequacy of energy intake among breast-fed infants in the DARLING study : relationships to growth velocity, morbidity, and activity levels. David Area Reserch on Lactation, Infant Nutrition and Growth. J Pediatr 1991;119(4):538-47

  9. Dewey KG, Peerson Jm, Brown KH, Krebs NF, Michaelsen KF, Perssonn LA et al. Growth of breastfed infants deviates from current reference data : a pooled analysis of US, Canadian an European data sets. World Health Organization Xorking Group on Infant Growth. Pediatrics 1995;96(3 Pt1):495-503

  10. Cruz NI , Korchin L. Breastfeeding After Augmentation Mammaplasty With Saline Implants Ann Plast Surg. 2010 Mar 29.

 

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Autonomie des enfants, liberté des parents

Il est fréquent d’entendre des parents se plaindre que leur enfant n’est pas autonome, qu’il a toujours besoin d’eux, qu’il ne les laisse pas une minute en paix…

Quand ils sont tout petits, ils arrivent que les parents les laissent en garde « pour qu’il soit autonome », « pour qu’il s’habitue ».

Mais de quelle autonomie parle-t-on ?

Pour quoi ? dans quels buts les parents souhaitent que l’enfant soit autonome ?

Quand on parle d’autonomie, il faut bien différencier les points suivant :

l’autonomie affective
l’autonomie motrice
l’autonomie fonctionnelle

L’autonomie affective

Pour avoir une autonomie affective un enfant a besoin d’une sécurité intérieure, il a besoin d’être sûr que l’adulte sera là pour lui en cas de besoin. L’adulte c’est souvent en premier lieu la mère, le père puis la personne qui le garde c’est ce que l’on appelle l’adulte de référence. La sécurité affective nécessite un temps prolongé qui se compte en mois voir en année et non en jour chez un tout petit ( moins de 6 mois). Cette sécurité sera établie dans le temps par des contacts répétés, (quotidiens ou presque) et prolongés (30 minutes, 1 heure ou plus). Les contacts doivent être sécurisant, rassurant, maternant et interactif.
Il faut rappeler que le petit d’homme né à l’état inachevé par rapport aux autres mammifères qui peuvent marcher quelques heures seulement après la naissance. Durant les mois qui s’écoulent entre la naissance et la marche acquise, le petit d’homme a un besoin absolu et sans discontinuer d’une présence adulte à ses côtés, cette présence sera nécessaire encore un certain nombre d’années il ne peut ni manger, ni boire il est entièrement dépendant.
Lorsque cette sécurité intérieure est établie, que le tout petit sait que l’adulte référent (ou les adultes référents) est toujours là pour lui, il pourra explorer le monde qui l’entoure. Plus la présence sera de qualité dès la naissance, plus vite le seuil de sécurité minimal pour se tourner vers le monde sera atteint.
En cas de séparation à la naissance, de garde par un nombre important de personnes différentes durant les premiers mois de vie, de manque de présence maternelle et paternelle (maladie, dépression, travail éloigné…) le seuil de sécurité affective sera atteint plus tard voir même qu’une fois adulte lors d’un travail thérapeutique.

Cette autonomie (sécurité) affective est donc longue à construire et fragile puisque c’est celle qui lui permet d’ETRE seul sans crainte pour aller découvrir le monde.

L’autonomie motrice

C’est celle qui permet à l’enfant de se développer seul.
Celle ci commence rapidement, dès la naissance. En effet, mis au sein le bébé va téter naturellement, si les conditions de naissance ont été bonnes, l’encadrement bienveillant et l’état de santé bon. Il sait faire seul. Au fur et à mesure qu’il va grandir, toujours si les adultes référents et encadrant lui font confiance, il passera de la position sur le dos, à la  celle sur le ventre puis se mettra à ramper pour ensuite s’asseoir avant de partir à 4 pattes et enfin se mettre debout.
Toute cette progression il a la capacité à la FAIRE SEUL, sans intervention de l’adulte pour le mettre assis ou debout. L’adulte sera là pour le rassurer, l’encourager pas pour faire à sa place. Il est donc autonome dans son développement.

L’autonomie fonctionnelle

C’est celle qui va lui permettre de fonctionner pour lui même et avec les autres. A cette longue étape l’adulte va éventuellement intervenir pour lui montrer comment FAIRE. L’enfant aura déjà appris par l’observation un grand nombre de chose et sera en mesure de les reproduire. Il va apprendre à se laver les mains, faire sa toilette, s’habiller, se déshabiller, manger avec une cuillère, une fourchette… Il va aussi apprendre comment se comporter en société : mettre un mouchoir sale à la poubelle et non par terre, dire « bonjour », regarder avant de traverser… tout cela c’est l’apprentissage de la vie, du quotidien. En grandissant, il apprendra à se faire à manger, laver son linge, faire ses comptes…
A ce niveau, le travail de l’adulte est intense et important puisque l’enfant a tout à apprendre ! Enfin, tout ce qu’il n’a pas déjà appris par lui même en observant.

La période pour le développement de cette autonomie commence dès les premiers pas et demande du temps et de la patience. Pour enfiler sur un pied une petite chaussette il va en falloir des essais et encore des essais pour y arriver, l’enfant a la volonté, l’envie de le faire et il arrive que ce soit l’adulte freine cet élan en habillant l’enfant. En effet, dans le quotidien d’une vie active avec un travail à l’extérieur il est difficile pour les parents de prendre le temps de laisser l’enfant s’habiller seul le matin dans ce cas cet apprentissage se fera chez l’assistante maternelle, peut être en crèche si le personnel le permet.
Il y a beaucoup de chose pour lesquelles l’enfant apprendra à être autonome, si vous faites le tour de chaque geste nécessaire au quotidien dès le réveil cela vous donnera une idée de l’ampleur de la tâche !

Et oui, parce que l’autonomie fonctionnelle complète c’est jusqu’à l’autonomie financière, l’âge à partir duquel l’enfant devenu adulte aura un travail pour louer un logement, acheter sa nourriture, payer ses factures… donc après avoir passé les 18-20 ans.

Marie-Christine Eustache
Coach en parentalité et en relation de couple
avril 2014

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Parent mais pas seul – permettre à l’enfant d’avoir plusieurs référents

 

Des parents certains disent qu’ils sont des « parents jardiniers », des « parents conscients » j’ajouterai qu’ils sont aussi des « parents guides ».

 

Les parents ont planté une graine, ont créé un enfant. Ils vont en prendre soin ou déléguer ce travail à d’autres ne s’en sentant pas en capacité de le faire matériellement, psychologiquement. Cependant quoi qu’ils fassent, ils resteront à vie les créateurs de cet être.

 

Vient ensuite le temps de faire en sorte que cette graine puisse se développer. Un jardinier prendra soin de la qualité de la terre, du degré d’humidité, de l’ensoleillement, de la température… autant de paramètre qui feront que la graine se développera ou pas. Le parent qui élève l’enfant est un jardinier lui aussi qui aura à cœur de prévoir le meilleur environnement possible, la meilleur nourriture, les soins les mieux appropriés pour que l’enfant puisse s‘épanouir.

 

Je dis « le parent » car il arrive qu’il(elle) soit seul(e) à élever l’enfant, bien sûr cela est plus aisé quand il y en a deux.

 

Le parent au fil de ses découvertes et des besoins de l’enfant partira à la recherche d’information, prendra conscience de l’incidence de telle ou telle action sur le développement et le bien être de l’enfant. Cela pourra aussi rentrer en conflit avec ses besoins propres et là, la situation peut devenir complexe.

 

Le parent est aussi un guide pour l’enfant, il est un modèle. Le bébé, le jeune enfant admire l’adulte qui s’occupe de lui et l’aime d’un amour sans limite. Un guide c’est celui qui explique. On peut visiter une exposition d’art moderne avec ou sans guide, sans guide, il se peut que l’on ne comprenne pas grand chose aux messages de l’artiste. On peut partir en haute montagne avec ou sans guide, le risque d’accident est plus grand pour une personne inexpérimentée de s’aventurer sans une personne d’expérience qui connaitra les dangers à éviter. Pour l’enfant c’est pareil, il peut grandi sans guide ou avec. C’est l’adulte qui a cette place de guide vis à vis de lui cependant c’est l’enfant en grandissant qui choisit le guide qu’il souhaite pour l’accompagner et il peut en avoir autant que ses besoins le nécessitent. Il pourra avoir des instituteurs pour apprendre à lire, à écrire, à compter… Il pourra avoir un professeur de musique pour explorer le plaisir de jouer d’un instrument, un entraineur sportif pour s’initier aux joies de l’exercice physique… Le parent, ou adulte référent, a sa place de « chef d’aiguillage » en quelque sorte ou de « bureau de renseignement général » il sera le point d’ancrage de l’enfant; il sera aussi sa base d’attachement à partir de laquelle il pourra visiter d’autres univers que le cocon familial.

Le parent n’a pas l’obligation de tenir tous ces rôles pour l’enfant, il peut être juste parent en veillant au bien être affectif et matériel de l’enfant et selon mon point de vue, il est même préférable que l’enfant puisse avoir plusieurs autres référents en fonction de ses besoins. Ainsi il se sent moins enfermé, obligé de suivre le seul adulte dont il dépend pour sa survie.

C’est le parent qui pourra lui proposer ces ouvertures vers d’autres accompagnants, par exemple suite à une question de l’enfant à laquelle l’adulte ne sait pas quoi répondre il peut lui dire « je ne peux pas te répondre cependant je pense que si tu poses ta question à untel, il pourra te dire, il s’y connait dans ce domaine » ou encore en l’amenant à consulter un livre. Ce type de fonctionnement va libérer l’adulte de cette charge qu’il imagine de devoir être tout pour l’enfant et va laisser libre l’enfant d’avoir d’autres points d’attaches.

Marie-Christine Eustache

Coach parental, 31 mars 2014

 

 

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Autorité ou autoritarisme ?

9 octobre 2013

Autorité ou autoritarisme ?

Régulièrement, je reçois des parents qui disent ne pas vouloir être autoritaire, ne pas vouloir être laxiste non plus et du coup se sentent perdus entre ces deux notions opposées, en arrive à crier, voir frapper alors qu’ils ne le veulent pas.

« Une personnalité autoritaire se caractérise par une dérive de l’autorité vers une tentative de domination d’autres personnes. » c’est une définition trouvée sur Wikipédia et qui je trouve explique bien ce que les parents souhaitent éviter.

Avoir de l’autorité, faire preuve d’autorité c’est juste être acteur, auteur de ses choix, choix fait en conscience et en résonance avec son bien être intérieur. C’est poser ses limites de la même manière afin que cette limite ne soit pas dépassée. Parfois une négociation sera nécessaire au préalable pour la déterminée de façon juste pour les deux parties, c’est une question d’accordage entre les besoins de l’un et les besoins de l’autre.

Parfois aussi il y a mélange entre la notion d’amour et celle d’accorder ou non une chose à l’enfant.

L’amour est inconditionnel, l’amour est indépendant du fait de dire « oui » ou « non ».

Dire « non » à un enfant n’a rien à voir avec dire « je ne t’aime pas » cependant il arrive régulièrement que ces deux notions aient été mélangé très tôt dans la relation (et même dans le propre vécu du parent  quand il était enfant). Il s’agit dans ce cas de ré-apprendre à faire la distinction entre l’un et l’autre, de découvrir qu’il est possible de dire « non » avec amour ce que l’enfant va ressentir une fois passer le sentiment de frustration qui est inévitable (de mon point de vue et en l’état actuel de mon cheminement).

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La Parentalité, un chemin d’évolution

LA PARENTALITE, UN CHEMIN D’EVOLUTION

S’il y a des fonctions qui s’apprennent sur le tas, celle d’être parent en fait bien partie.

Dès le démarrage de la grossesse, les questions arrivent. Parfois même elles arrivent avant la conception lorsqu’il y a des difficultés à avoir un bébé. Et des questions, il y en a tout au long de la croissance de l’enfant, de son évolution, de son développement…

Être parent ! Voilà une chose qui nous amène à faire pleins d’activités diverses et variées et cependant toujours une interrogation : est-ce que je suis un bon parent ? Est-ce que je fais bien ce qu’il y a à faire pour mon enfant ?

A chaque fois, deux verbes reviennent : être et faire.

Pour le côté « faire », beaucoup, beaucoup d’informations, de livres, de forum, de conférences, de conseils en tous genres, de tout le monde parfois même de personnes qui ne sont pas parents.

Pour le côté « être », là c’est plus difficile, ça coince et oui, il faut s’écouter ! Exercice peut courant dans certaines familles. Être, c’est un état, une énergie qui nous anime, que l’on dégage, une sensibilité plus ou moins importante, une façon de vivre la vie, de l’appréhender.

Depuis 15 ans que je suis mère, que je lis beaucoup, discute souvent, partage énormément, apprend tout le temps sur la parentalité il y a une chose que je n’ai pas trouvé ailleurs que dans l’expérience de la vie c’est bien cette question d’énergie, d’état d’être particulier, d’amour, de bienveillance, d’écoute, d’humilité.

Depuis 8 ans que j’accompagne des femmes pour l’allaitement maternel et la petite enfance, j’ai toujours ce plaisir à amener la mère vers cet état de confiance en la vie, en sa capacité, en celle de son bébé à réussir.

Quel bonheur de voir un bébé s’endormir, le sourire aux lèvres et la goutte de lait au coin de la bouche après avoir réussi à téter correctement alors que sa maman est arrivée en pleurs avec lui dans les bras, désemparée de ne pas arriver à l’allaiter.

Quelle joie de voir une petite contente d’avoir réussi à se déplacer pour prendre un objet grâce aux encouragements et à la confiance que l’on a en elle sur ses capacités alors qu’elle grognait de frustration.

Que de plaisir d’entendre pour réponse d’un jeune enfant à ma question quand je pars « veux tu me faire un bisou ? » « non, un câlin ! » quand j’avais eu en guise de « bonjour » une mou de mécontentement.

Alors, cette énergie, cet état comment y arriver ?

SAVOIR COMMENT LE CORPS FONCTIONNE

La grossesse, l’accouchement, l’allaitement sont des processus physiologiques. Le corps est fait pour cela instinctivement. Cependant, dans notre société, les instincts se sont plutôt perdus laissant place au savoir technologique et médical.

Lors de ces états que la femme traverse, elle ressent des émotions, des changements et régulièrement se sent en décalage avec ce qu’elle entend, lit sur le sujet. Elle va alors éventuellement chercher à discuter avec d’autres mères qui ont traversé cet état afin de connaître leurs expériences et s’en enrichir.

Les réunions, les forums d’informations sur la grossesse, l’allaitement permettent justement d’apprendre énormément sur le fonctionnement physiologique. Les apports de professionnels de santé ou de membres associations spécialisées ajoutent des connaissances sur la partie « technique » comme le fonctionnement des muscles du périnée, ou celui de la glande mammaire.

Ces échanges avec d’autres mères amèneront des informations jugées positives ou négatives laissant quelques fois perplexe devant la diversité des expériences et des émotions vécues par les unes et les autres.

Et c’est bien là qu’est la richesse ! Le corps fonctionne d’une manière similaire chez tous les êtres humains et cependant chaque être humain est différent d’un autre et l’expérience reste unique à chacun.

Toute cette connaissance de la « mécanique » du corps humain ne répond pas toujours à ce vide, ce manque, ce quelque chose qu’il est difficile de nommer, que l’on peut chercher désespérément parfois partout à l’extérieur et qui est tout bonnement à l’intérieur : l’Être.

ÊTRE FEMME, ÊTRE MÈRE ; ÊTRE HOMME, ÊTRE PÈRE.

Une des variables que j’ai mis en évidence lors du cercle de femmes du mois d’octobre est justement cet état d’être, état d’être femme et d’être mère. Les hommes ayant la même problématique que nous : état d’être homme, et d’être père.

Oh là ! Quel questionnement ! Le corps ressent une vibration différente dans ces deux termes, le cerveau tout à coup peut se retrouver à faire des nœuds, de quoi parle-t-on ?

Ce cheminement, j’ai mis plusieurs années à le faire, n’étant pas mûre et puis un jour le déclic et l’évolution rapide qui s’en est suivie et avec le bonheur de ce ressenti !

ETRE ENFANT

L’enfant aime découvrir, explorer, expérimenter, jouer, vivre pleinement parfois tellement pleinement que cela est quelques fois trop pour les parents, les éducateurs. Parfois aussi, l’enfant se recroqueville se coupant de la vie extérieure pour vivre à l’intérieur de lui.

Dans un cas, comme dans l’autre, c’est un signal s’il y a mal-être.

Ce qui du fond de l’être remonte, cherche à vivre, à être entendu, reconnu, écouté c’est la nature instinctive, cette vibration d’amour de confiance, cette nature qui n’est plus écoutée, que la société, l’entourage apprend à ne pas prendre en compte.

Mais voilà, l’enfant arrive lui avec sa nature instinctive alors que nous avons oublié la notre, nous obligeant à changer, à la retrouver pour vivre en harmonie ensemble. C’est ce que certains appelle en psychologie « l’accordage ». Accorder des instruments de musique c’est bien les mettre en état de vibrer ensemble et pour les êtres humains c’est, de mon point de vue, la même chose : mettre sur la même vibration.

COMMENT S’ACCORDER AVEC NOS ENFANTS, NOTRE CONJOINT ?

Avant de pouvoir retrouver une harmonie, un accordage convenable, il est nécessaire de mettre à jour le ou les désaccords, les points de disharmonie ; cela va correspondre un peu à un état des lieux de la relation, des sentiments, des ressentis.

Ce que l’on voit, constate, à l’extérieur est le reflet de notre intérieur. S’il y a problème relationnel à l’extérieur, il est fort probable que la relation de nous à nous même soit dissonante. Le décalage vient de l’écart entre la réalité de ce qui est vécu et l’image que l’on s’en fait. Le corps a des ressentis que la tête ne veut pas accepter, le conflit nait. Grand Corps Malade, un slameur en parle dans son texte « mon coeur, ma tête, mes couilles », allez écouter ça vaut le détour, il joue avec les mots d’une façon que je trouve admirable !

Une fois le constat fait, de cette différence de « discours » entre la tête, le cœur et le corps, il est possible de travailler à la restauration de la relation, trouver ou retrouver une vibration qui sonne juste pour le cœur, le corps, l’esprit, un alignement, un centrage qui apparaît et avec lequel l’homme, la femme se sent bien. Une fois que la personne se sent bien avec elle même, elle peut se sentir bien avec les autres et comme par magie, les conflits disparaissent, les tensions s’évanouissent, l’Amour prend la place de la peur.

Parfois mais pas toujours, pour trouver cette vibration juste, cette vibration d’Amour dont il n’a pas conscience, le parent souhaitera passer par quelques connaissances à acquérir dans le domaine de la communication, du langage, une aide par des élixirs de fleurs, un rééquilibrage alimentaire ou une harmonisation du lieu de vie, ou d’autres alternatives propres à chaque personne.

LA VIBRATION D’AMOUR

Je mets Amour avec un grand A car c’est l’Amour dans le sens très très large, celui de l’Amour de la vie. Cette vibration bien particulière, très puissante et douce à la fois pour laquelle il est difficile de mettre des mots puisqu’elle est dans la présence, dans l’Être au delà du Faire.

Cette vibration est énergie qui rayonne, se diffuse de personne à personne dans la vie de tous les jours. Au delà de toutes les activités du quotidien, être présent à nos gestes, à nos mots, nos attitudes c’est cela que nous demandent les enfants. Ils vont régulièrement pousser nos limites afin de voir si notre alignement intérieur, notre confiance, notre Amour est suffisamment solide pour qu’ils puissent s’y appuyer pour grandir.

Ce chemin d’évolution personnel, je l’ai fait avec l’aide de très nombreuses personnes, au cours des années passées , à mon tour, j’ai accompagné et je continue de le faire d’une manière différente, surtout avec un état d’être, de conscience autre que je transmets aux parents en fonction de leur besoin, de leur demande.

Marie-Christine Eustache

article écrit en octobre 2012

 

 

 

 

 

 

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Allaitement et obésité

L’obésité est un phénomène en croissance dans les pays occidentaux. Les risques pour les enfants qui n’ont pas été allaités de souffrir de surpoids et d’obésité pendant l’enfance et l’adolescence sont soulignés par plusieurs études.(1)
L’alimentation infantile joue donc un rôle, cela a été montré dans de nombreuses études.
Voici un aperçu de quelques articles sur le sujet parus dans les Dossiers de l’Allaitement (DA) édité par l’association La Leche League France www.lllfrance.org.

Une étude publiée en 2004 (2)montre que les enfants allaités sont plus minces entre 5 et 24 mois, à partir du 3è mois, la croissance pondérale est plus basse chez ceux-ci. L’enfant aurait la capacité de réguler ses apports énergétiques, de même il s’adapterait au taux de graisses du lait en modifiant le volume consommé. L’article conclut sur l’importance de l’allaitement et surtout sur la durée de l’allaitement exclusif et la nécessité de prendre en compte d’autres facteurs tels que le surpoids chez les parents, l’activité physique, les habitudes alimentaires.
L’index de masse corporelle est plus élevé chez les enfants non allaités à 3 et 6 mois et qu’il y a une prévalence de surpoids et d’obésité à 4, 5 et 6 ans lorsque l’enfant n’avait pas été allaité ou allaité moins de 3 mois indique une autre étude (3). D’où la conclusion des auteurs  » le non allaitement et le sevrage précoce favorisent la survenue d’un surpoids ou d’une obésité constatés dès la première année et confirmés à l’âge de 6 ans, parallèlement à d’autres facteurs de risques ».

D’autres facteurs ont été mis en évidence comme l’obésité maternelle et la malnutrition foetale pendant la vie intra-utérine qui est corrélée à un risque d’obésité plus tard dans la vie (4) il est donc important de veiller à ce que les femmes enceintes soient correctement nourries.

Plusieurs auteurs (5) (6) soulignent que les mères qui allaitent semblent exercer moins de pression pour pousser leurs enfants à manger ou au contraire à moins manger ce qui pourrait expliquer le risque moins élevé de surpoids et d’obésité par l’écoute des manifestations de faim et de satiété de l’enfant.
Références :

(1) (Kramer,1981 ; Dewey, 2003 ; Arenz, 2004 ; Owen, 2005…). »
(2) Dossiers de l’Allaitement N° 59 Is breastfeeding portective against child obesity ? KG Dewey. J Hum Lact 2003
(3) Dossiers de l’Allaitement N° 61Early determinants of chilhood overweight and adiposity in a birth cohor study : role of breast-feeding. KE Bergmann, RL Bergmann, R Von Kries et al.int J Obbes Relat Metab Discord 2003
(4) Dossiers de l’Allaitement N° 69 Being big or growing fast : systematic review of size and growth in infacy and later obesity. J Baird et al. BMJ 2005 ; 331 : 969-74
Role of prémature leptin surge inobesity reslting forme intrauterine undernutition. S Yura et al.Cell Metab 2005 ; 1 : 371-78.

Quelques autres références :

(5) Predictors of maternal control of feeding at 1 and 2 years of age. Blissett J, Farrow C. Int J Obes 2007 ; 31 : 1520-6. Mots-clés : mère,
enfant, contrôle, alimentation.
Extrait : « L’allaitement favorise des pratiques parentales plus saines vis-à-vis de l’alimentation de leur enfant, et il est corrélé en particulier à une
moindre pression exercée sur l’enfant pour le pousser à manger davantage, ou au contraire à moins manger. »

(6) Association of breastfeeding with maternal control of infant feeding at age 1 year. EM Taveras, KS Scalon, L Birch et al. Pediatrics 2004 ;
114(5) : e577-583. Mots-clés : allaitement, sevrage, obésité, comportement maternel.
Extrait : « Des études ont constaté un risque plus élevé de surpoids et d’obésité chez les enfants qui n’avaient pas été allaités. Il est possible que les
mères qui décident d’allaiter soient aussi celles qui seront plus enclines à être l’écoute des manifestations de faim et de satiété chez
leur enfant, et laisseront leur enfant apprendre à réguler par lui-même ses apports alimentaires en fonction de ses besoins. »

Marie-Christine Eustache

Article écrit pour le site CORéAM « Au coeur de l’ouest un réseau pour l’allaitement maternel »

http://coream-ch.e-monsite.com/

 

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