Une vie de couple heureuse, qu’est-ce donc exactement ? Ce n’est pas toujours facile à définir en fonction du passé que l’on a eu.

Qui d’autre veut une vie de couple heureuse ?

Peut-être vous ? Quel modèle parental avez vous eu ?

Pour ma part, j’ai grandi avec des parents qui passaient leur temps à s’engueuler. Mon père très colérique hurlait régulièrement après ma mère et même après ses employés dont je fais partie à l’âge adulte. Cela faisait partie du quotidien et c’était ainsi.

Lorsque j’étais en couple, c’était beaucoup plus calme. C’est plutôt moi qui faisais des crises de colère, chose que j’ai pu résoudre à l’aide de la sophrologie. Cela dit, mon corps avait dévié cette colère vers l’intérieur vu qu’elle ne s’exprimait plus à l’extérieur. Je prendrais conscience de cet état de fait lors de la découverte de l’Helicobacter pylori dans mon estomac. (Voir article « le parcours d’une épuisée »).

La vie de couple que j’ai eu durant 20 ans n’a pas été des plus épanouissantes. Burn out amoureux, burn out maternel, crises régulières, la relation était totalement dysfonctionnelle. J’ai subi de la maltraitance psychologique pendant des mois sans en avoir conscience. Lorsque j’ai choisi de divorcer je pensais que je pourrais construire une nouvelle vie de couple plus sereine.

En fait, ce ne fut pas si simple. Qui dit relation dysfonctionnelle dans un couple dit fonctionnement inadéquat de chacun des membres du couple. J’ai donc eu un très gros travail sur moi-même pour comprendre tous mes propres dysfonctionnements. Ceux-ci m’amenaient à rencontrer des personnes qui avaient des comportements toxiques. Eh oui, la vie est bien faite à savoir que tant qu’une leçon n’est pas comprise, elle vous la redonne à apprendre. Il m’aura fallu beaucoup de leçons, parfois très cuisantes.

Comme je suis de nature combative et plutôt persévérante, j’ai appris, observé, compris, appliqué, expérimenté pas à pas ce que je découvrais sur moi et sur les relations de couple. J’ai fait quelques tentatives de relation de couple sans grand succès.

Le savoir ne suffit pas

J’ai traversé une période de reniement : « pfff !!! le couple, ce n’est pas pour moi !!! des couples heureux, véritablement heureux, je n’en connais pas ! ». A ce moment, c’était vrai. Les couples que je côtoyais se chicanaient régulièrement, se critiquant l’un l’autre devant leurs amis. Non, je ne voulais pas d’un couple de ce genre-là.

J’ai pris le temps de définir ce que je voulais précisément et dans le même temps je commençais à faire connaissance de couple qui s’aimaient sincèrement. Ils se faisaient des compliments, il y avait des regards bienveillants et amoureux. Je sentais un profond bonheur chez eux. Doucement, l’idée a germé « c’est donc possible ! ».

Changement de paradigme

Et puis, arriva le moment où ayant suffisamment défini qui j’étais et ce que je voulais dans une relation de couple, j’ai rencontré un homme. Pas de vibrations particulières, les critères n’étaient pas réunis, je passe au suivant. J’en rencontre un autre, même motif, il ne correspond pas à ce que je recherche. Puis un troisième qui n’est pas totalement dans le cadre mais dispose de suffisamment d’atouts pour que je creuse le sujet un peu plus loin et que j’écoute mon corps si ça fait « oui » ou ça fait « non ». Oui, un peu comme pour un entretien d’embauche. Le cv présente bien, les soft kills sont là, un bon feeling, les projets d’avenir peuvent être sympa, il est bon de tester un peu plus.

Aimer est un verbe d’action. Il n’y a pas d’amour sans preuve d’amour. Les hormones interviennent bien sûr mais sont-elles bonnes conseillères ? Arouna Lipichitz, philosophe, écrivain et productrice dit d’ailleurs qu’elles sont de très bonnes messagères. Maintenant, quant à écouter leurs conseils, il est parfois nécessaire de prendre du recul vis-à-vis de la direction dans laquelle elles pourraient nous emmener. Et c’est ce que j’ai appris à faire.

Passer à l’action régulièrement

Aujourd’hui, cela fait 10 mois que j’ai le bonheur de partager ma vie avec un homme. Une vie de couple heureuse, bienveillante qui permet à chacun d’évoluer.

Nous sommes parfois surpris tous les deux de voir que les choses vont si bien. Un challenge qui aurait pu se révéler catastrophique c’est extrêmement bien passé : une semaine de vacances en version « famille recomposée » avec trois grands adolescents (15, 17 et 18 ans). Une organisation complexe fonctionne harmonieusement : nous vivons la semaine à moitié chez lui, à moitié chez moi avec tous les transferts d’affaires et la gestion de planning que cela nécessite (ça change toutes les semaines).

Comment est-ce possible ? Plutôt que de vous donner ma version des faits, j’ai demandé à mon chéri de répondre.

Quels « ingrédients » sont présents pour que la relation fonctionne bien ?

Les réponses de Jean

Pas facile de classifier/classer les raisons pour lesquelles notre couple fonctionne bien. C’est un ensemble de choses, de règles de vie auxquels il faut se tenir. Pas toujours évident, mais plus on essaie, plus ça marche, de manière naturelle !

En premier peut-être, ce qui permet de ne pas être jugeant, de pouvoir tout (se) dire : toujours parler à la première personne et exprimer ce que l’on ressent. « Je pense que la manière dont tu t’y prends n’est pas la meilleure » est mieux accepté que « Ce n’est pas comme cela qu’il faut faire ». Dans la foulée, laisser faire et passer à autre chose. Si la méthode réussit, tant mieux et essayer soi-même ! Si ça ne marche pas, surtout ne pas dire « Je te l’avais bien dit », ce qui serait revanchard et rabaissant, et forcément mal pris. De cette manière, on est sûr de ne pas être jugeant, de ne pas froisser, vexer ou infantiliser.

Suivre son conjoint dans toutes ses activités, au moins une fois, pour voir ce qui s’y passe, essayer de ressentir les mêmes sensations. Cela permet de mieux comprendre ce qui l’attire dans cette voie, de pouvoir en parler. Cela permet aussi d’avoir une écoute active, par exemple le soir après la journée de boulot, de poser des questions pertinentes et comprendre le ressenti exprimé. Bien sûr, si ces activités nous plaisent, les faire ensemble !

Ne pas être manipulateur et contextualiser les demandes : dire les choses telles qu’on les perçoit, telles qu’on les pense, telles qu’on aimerait qu’elles soient, en l’énonçant clairement « Que fais-tu demain soir à 19h ? » peut sembler suspicieux et nécessite une question en retour (pour quelle raison ?). Il vaut mieux demander clairement « Patrick doit passer vers 19h regarder pourquoi le chauffe-eau fonctionne mal, je ne peux pas être là car j’ai prévu d’aller faire les courses, veux-tu t’en occuper ? ».

Ne pas vouloir changer l’autre

Si l’on souhaite faire perdurer la relation, il faut accepter l’autre tel qu’il est. Si quelque chose déplait ou gêne chez l’autre, penser à ce qui plaît ! Si la manière dont votre conjoint s’occupe du ménage ne vous convient pas, surtout ne pas dire « Ce n’est pas comme ça qu’il faut faire » mais plutôt « En faisant de cette manière, j’y arrive plus facilement et le résultat est meilleur. La prochaine fois, on le fait ensemble, tu pourras voir comment je procède »

Exprimer ses envies, ses rêves : c’est non seulement le meilleur moyen de les réaliser, mais aussi de faire comprendre à l’autre ce qui nous motive, ce qui nous fait avancer, d’éclairer les choix que l’on fait. On a ainsi plus de chance que l’autre y adhère et de partager de belles aventures.

Lâcher prise ! Facile à dire, moins facile à faire. Vivre en couple dans les conditions pré-citées amène à apprendre à exprimer ses émotions, sans avoir peur d’être jugé, ce que je ne savais pas (bien) faire. Laisser monter ses émotions et les accepter n’est pas évident quand nos parents ne montraient pas les leurs. Pleurer de joie dans les bras de son conjoint est un moment de partage intense d’émotion.

Douter.

Il faut douter en permanence de ce que l’on voit et entend, de ce que l’on pense (c’est à dire le remettre en question). Bien sûr, ça ne doit pas être obsessionnel. Il faut que cela reste interrogatif et curieux, dans le but de parfaire ses connaissances et d’améliorer sa compréhension. Il faut écouter les discours, les écrits ou les attitudes qui nous dérangent, car ils aident à voir les choses autrement, à s’enrichir d’autres visions. Autre intérêt du doute : il permet d’admettre que parfois on a tort. En doutant, on remet en cause ses propres certitudes, on parvient à admettre que d’autres points de vue que les nôtres sont possibles, on arrive à la conclusion que l’on est dans l’erreur, que l’on s’est trompé. Il faut savoir dire « Je me suis trompé, tu as raison »

Appliquer les 4 accords toltèques !

J’essaie de les appliquer et parmi les 4, mon préféré est « Tu ne fais pas de supposition ». Il faut partir du principe que ce qui n’est pas dit, et bien, … n’est pas dit. Cela évite de prendre des décisions ou de faire des choses en pensant à ce que l’autre aimerait ou voudrait, car dans ce cas, il y a un risque de tomber à côté. S’ensuit alors un sentiment de frustration des 2 parties, nous qui sommes déçus de nous être trompés, l’autre qui peut penser « Il s’est encore trompé ».

Celui avec lequel j’ai le plus de mal est « Tu ne prends rien personnellement ». Il suppose pour le respecter d’avoir compris et accepté ce qui nous fait réagir. Ainsi, on est capable d’analyser ce qui nous arrive et de l’expliquer à l’autre. C’est un moyen fort d’apprendre à se connaître mutuellement.

« Tu as toujours une parole impeccable » est pour ma part le plus facile à mettre en œuvre. La tentation de dire du mal de quelqu’un, surtout hors de sa présence, est pourtant toujours présente, mais il suffit de se retenir de parler. A force, on ne le fait plus ! D’ailleurs c’est vraiment génial : plus on s’oblige à respecter ces règles, plus on les applique facilement, jusqu’à ne plus y penser !

« Tu fais toujours de ton mieux » ne doit pas être la réponse à une corvée bâclée par manque de temps ou d’envie. Si l’on manque de temps ou d’envie, il faut le dire et proposer de faire autre chose qui nous intéresse plus et qui fait avancer les corvées de la maison.

Mais encore ?

Notre conclusion à ce jour.

Il y a bien sûr beaucoup d’autres ingrédients pour que la vie de couple soit harmonieuse. Si vous avez envie d’aller plus loin dans l’acquisition de connaissances qui vous aideront au quotidien, vous pouvez profiter de quelques précieuses clés en demandant l’accès aux vidéos pour Bien Vivre en Couple 

 

Marie-Christine Eustache,

consultante parentale, coache professionnelle certifiée

et Jean, homme heureux

 

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