De l’instant où l’on met un enfant au monde, une peur nait : celle de sa mort. C’est ainsi, c’est notre programmation d’être humain. Cependant, il est un choix possible : celui de faire confiance à la vie pour ce qu’elle a à nous apporter au quotidien. Alors, quel est votre choix ? Peur ou confiance ?

« La peur n’évite pas le danger » dit le dicton. La peur est une émotion qui permet de nous préserver des dangers. Lorsqu’elle est excessive et présente en permanence, elle entraine une production continue d’hormones qui va mener à des dommages sur l’organisme.

Les conséquences de la peur.

« Lorsque le stress est ponctuel, la sécrétion d’adrénaline est de courte durée, puis rapidement l’organisme s’apaise et ses fonctions reviennent à la normale. Mais lorsque cet état de tension est chronique, il en découle une exposition prolongée à cette hormone qui met l’organisme en mode “alerte” permanent. Sans repos, le corps est peu à peu mené à l’épuisement. Mais en plus de la fatigue, cet état peut faire le lit de maladies cardiaques, de déprime voire de dépression, abaisse les défenses immunitaires nous rendant vulnérables aux infections… » (1)

Lorsque l’organisme est épuisé, une très grosse partie de l’énergie disponible est utilisée pour maintenir son fonctionnement. Il y a donc moins de ressources pour avoir une réflexion mentale de qualité et une bonne gestion des émotions. C’est un cercle vicieux qui s’installe : la peur amène l’épuisement et l’épuisement réduit la confiance augmentant la peur. La personne touchée va alors poser des actions de contrôle et de sécurité de plus en plus fortes pour limiter sa peur. Dans ce cas, l’épuisement va s’aggraver.

Un exemple concret avec les enfants.

Au parc, l’enfant aime grimper expérimenter sa souplesse et son agilité sur certains jeux. Un parent qui a peur va rester en permanence à côté de l’enfant avec des réflexions régulières « attention !!! tu vas tomber !!! Ne fais pas ça ! ». L’enfant va développer une peur transmise par l’adulte. Ou alors il va avoir un comportement fougueux en testant, en tombant, se faisant parfois mal et justifiant ainsi la peur de l’adulte qui dira « tu vois !!! je te l’avais bien dit !! ». Évidement, le parent va éviter au maximum ce type de situation et préfèrera voir son enfant devant un dessin animé que de le savoir à grimper partout. L’enfant développera un sentiment de peur, de crainte face à toute nouvelle expérimentation motrice et plus tard des expérimentations de la vie de façon plus générale.

Dans le même lieu, avec un parent qui a développé dès le plus jeune âge la confiance, l’enfant sera serein. En laissant l’enfant croitre selon son programme biologique de développement (comme l’a mis en évidence le Dr Emmi Pickler), l’enfant va pouvoir explorer et expérimenter. L’enfant dès son premier mois de vie aura commencé à ressentir et découvrir les sensations dans son corps lorsqu’il bouge. En grandissant, il aura musclé de façon naturelle par des mouvements répétés les différentes parties de son corps. Ce faisant il pratique un renforcement musculaire tout en douceur. Le passage par les différents stades de développement, sans intervention de l’adulte pour le changer d’une position à une autre, lui aura permis de faire croitre la confiance en ses propres capacités d’autonomie. Cette confiance qu’il a développe dans son corps sera également présente dans les expérimentations de la vie.

Alors, comment faire ?

Pour l’adulte cela se fera par un apprentissage concret des pratiques permettant à l’enfant cette motricité libre. L’accompagnement bienveillant de l’adulte lors des découvertes de nouvelles habiletés par l’enfant se fera dans la confiance de ses capacités à réussir après avoir essayé plusieurs fois. Fonctionner de la sorte pour un parent, ou un adulte accompagnant un enfant, nécessite d’avoir développé cette confiance lui-même dans ses propres capacités et donc dans les capacités de l’enfant à réussir. Le renforcement de cette confiance se fera par la multiplication d’actions concrètes réalisées dans le quotidien et par l’interaction avec les adultes qui l’entourent.

Et si en tant que parent j’ai peur de tout ?

Par peur de tout je veux dire les peurs qui vont vous empêcher de fonctionner au quotidien.Par exemple, la peur des transports en commun qui vous oblige à prendre uniquement votre voiture et à emmener vos enfants partout plutôt que de les laisser utiliser les transports collectifs disponibles.La peur qu’ils jouent à l’extérieur (dans la rue, dans un parc) avec leurs ami.e.s sans votre surveillance permanente. La peur de les laisser vivre leurs propres expériences et la confrontation aux conséquences de celles ci entraine une dépendance à l’adulte.

Aller au delà de la peur : une expérience vécue

Je me souviens d’une maman épuisée qui avait peur que son fils de 12 ans oublie des affaires, aussi préparait-elle son sac de foot. Elle lui rappelait de très nombreuses fois “Prépares toi, il faut y aller !”. Elle avait peur d’être en retard à l’entrainement. En plus, elle s’était engager à prendre un co équipier de son fils. La situation était répétitive chaque mercredi et elle devenait très lourde à vivre pour elle.Je l’ai accompagné à verbaliser ses peurs et mettre en conscience les conséquences possibles pour elle et pour son fils. Au fur et à mesure elle a compris qu’un changement de fonctionnement était indispensable Je l’ai accompagné pour qu’elle ose laisser son fils préparer ses affaires et même qu’elle ose partir sans lui.

Elle avait un engagement vis à vis des parents du co équipier : l’emmener et le ramener de l’entrainement. Et si son fils n’était pas dans la voiture où était le souci ? “bah je ne peux pas faire ça !!!” fut sa première réaction, qui fut bien sûr creusée. Elle osa donc, en ayant préparé le déroulement de l’action avec moi, laisser son fils à la maison après lui avoir répété plusieurs fois “Le départ pour le foot est à 15h30, il reste x minutes pour te préparer”. Elle partit sans lui, prit le co équipier pour l’emmener au terrain. Son fils se retrouva devant une situation inédite. Il n’était pas prêt et sa mère était partie sans lui. Évidement, il manquât l’entrainement ce jour là. Il prit aussi une leçon : ma mère ne fera pas tout pour moi, c’est à moi de faire les choses qui me concernent.

Cette expérience a été une épreuve pour la maman. Elle s’y était préparée et a pu constater le bénéfice de passer au delà de sa peur. Son fils a gagné en autonomie et elle a gagné en supprimant un stress répétitif.

Le risque de surprotection

La réaction d’un parent qui veut (sur)protéger ses enfants des conséquences de ses actes aurait été de faire demi tour pour aller chercher le matériel manquant, évitant à l’enfant de se retrouver privé de jeu. A l’extrême le phénomène porte un nom : le parent hélicoptère. J’ai vu des parents prendre sur eux les erreurs de leurs enfants adultes ou faire à leurs places des démarches de la vie quotidienne. Ce fonctionnement entraine la baisse de confiance en lui chez l’enfant, l’infantilise alors même qu’il est en âge d’assumer les événements. Pour le parent, faire ainsi amènera à l’épuisement à force de faire “à la place de” plutôt que d’accompagner à l’autonomie.

La nécessité d’un accompagnement adapté.

Certaines peurs ou phobies peuvent être bloquantes dans le quotidien et même parfois totalement handicapante. Dans ce cas, il faudra passer par un travail personnel accompagné par un.e thérapeute voir un.e psychiatre en fonction de l’importance de cette peur et des blocages qu’elle engendre dans le quotidien.

Et pour une peur qui n’empêche pas de vivre au quotidien ?

Si c’est plus une peur de l’inquiétude légère dont vous savez qu’elle peut être dépassée par un “coup de pouce” adapté,  un accompagnement de type coaching ciblé sur un point précis permettra de passer le cap vers plus de confiance. Il s’agit par exemple d’oser laisser son enfant pratiquer un sport que vous même avez crainte de faire, je pense à l’équitation, au ski, même au foot qui est un des plus risqués aux vues du nombre de blessés. (2)

Aller au delà de ses peurs pour trouver le bonheur est une démarche qui n’est pas toujours facile. La peur du changement est souvent présente. On connait la situation actuelle et on ne sait rien de la situation future. Apportera-t-elle plus de bénéfices que de désagréments ? C’est une question qui revient souvent. La réalité c’est qu’une fois un certain cap passé, de prise de conscience, d’apprentissage et d’entrainement, le bonheur est au rendez-vous et la  peur a disparu.

S’ouvrir à la confiance

La confiance ouvre les portes sur la vie, c’est en plus un cercle vertueux : plus on a confiance, plus la vie apporte de belles choses ce qui amène un renforcement de la confiance et ainsi de suite. S’offrir ce cadeau de la confiance en tant qu’adulte pour offrir un environnement de confiance à l’enfant est un investissement qui profitera à plusieurs générations. Développer cette confiance profite également à l’entourage, aux ami.e.s, aux collègues de travail. La personne confiante rayonne d’une énergie particulière qui est agréable et rassurante. Elle aide l’autre à grandir vers plus de confiance au fur et à mesure du temps.

 

Et vous ? Qu’avez-vous choisi ? Peur ou confiance ?

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Marie-Christine Eustache,

Consultante parentale et coachs professionnelle

 

(1) https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-anatomie-et-examens/2606725-adrenaline-definition-effets-montee-baisse-stress/

(2) https://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2002/sem02/mag0823/dossier/sa_5829_sport_chiffres.htm

 

PS : j’ai choisi cette image du lever du jour car fût une époque où certains humains avaient peur que le soleil ne se lève pas.

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