Maternité, féminité, société


Il n’est pas toujours facile d’être femme.

Quelle est la place de la femme dans la société actuelle ?

De quelle femme s’agit-il exactement ?

Comment peut se vivre l’aventure de la maternité dans sa globalité quand la société ne laisse que peu de place à son expression ?

Que savent les femmes de leur corps ?

Nous vivons dans un système régit par les hommes et pour les hommes. Les femmes depuis quelques décennies s’y font une place à coup de droit de vote, de droit d’avortement, droit d’intégrer certains corps d’armée…

Mais finalement que connaissons-nous de nous même en temps que femme ?

Nous sentons-nous seulement femme ? Fille, en tant que fille d’un père et d’une mère, fille en tant que membre féminin de l’espèce humaine, mère peut-être, épouse…

La voie vers la féminité commence dès la naissance. Bien souvent les filles sont élevées différemment des garçons. Elles ne suivent pas forcément le même type d’étude.

Au moment de la puberté, la grande découverte du fonctionnement de son corps n’est pas toujours bien vécue car insuffisamment préparée ou accompagnée. En plus, la nature nous a doté d’un outil magnifique qu’il est bon de connaître : le fonctionnement du cycle menstruel. Il est important que les filles connaissent leur corps, comment il fonctionne ce sont tout autant d’informations qu’elles doivent recevoir pour éviter une grossesse précoce non choisie ou un avortement, toujours traumatisant.

Une fois devenue adulte nous nous retrouvons devant des choix bien difficiles à faire :

  • travailler et mettre à profit des années d’études parfois longues

  • être mère et materner suivant notre souhait

Le dilemme est parfois difficile à résoudre, d’autant plus quand le conjoint, les familles imposent un choix contraire à notre ressenti.

La maternité est une grande aventure qui en englobe plusieurs :

la conception

  • la grossesse

  • l’allaitement

  • le maternage

  • l’éducation

Certaines femmes se sentiront prêtes pour certaines phases de cette aventure et beaucoup moins pour d’autres, à chacune de trouver sa voie, celle qu’elle suivra avec plaisir et bonheur.

Pour toutes ces phases, il y a des moments heureux d’autres moins, des passages difficiles après lesquels on se sent plus forte s’ils ont pu être traversés avec aisance.

L’accouchement en est un, avec son lot de préjugé « tu accoucheras dans la douleur ! » qui laisse peu de place au dépassement de soi.

Il y en a un, tout particulièrement difficile, c’est celui qui arrive parfois après l’accouchement voire plusieurs semaines après : le burn out maternel

Décrit par Violaine Guéritaut dans son livre « le burn out maternel ou la fatigue émotionnelle des femmes », ce passage est mal connu du grand public et du personnel médical. Beaucoup de femmes le traversent en ayant honte d’en parler. Elles se sentent seules, n’osent pas aborder le sujet avec d’autres femmes et leur conjoint reste souvent sans réponse face à leur détresse, faute de savoir quoi faire ou ne pas faire.

C’est la jeune mère (jeune dans le sens où elle vient d’accoucher) qui dit  « de toute façon, je n’arrive à rien » après avoir oublié quelque chose d’important pour un membre de sa famille, « je suis fatiguée, j’en peux plus » et qui continue de préparer le dîner, de laver la vaisselle ou de ranger le linge.

La société ne connaît plus la réalité des besoins du corps et de l’esprit après un accouchement ; sitôt sortie de la maternité, la femme doit reprendre toutes ses activités ménagères, parentales, matrimoniales et surtout avec le sourire en plus d’avoir un bébé en pleine forme et qui « fait ses nuits ».

Il fut une époque dans certaines sociétés où il y avait une période de 40 jours postpartum pendant laquelle la femme restait au repos puis il y avait la fête des relevailles lors de laquelle elle réintégrait la communauté. Certaines sociétés non occidentalisées le font encore. Un soin tout particulier est apporté à la mère, au couple pour la bonne mise en place de l’allaitement, de l’attachement mère enfant si important pour les années qui suivront.

Un bébé ne doit pas nécessairement pleurer, cela ne fait pas les poumons comme on peut encore l’entendre, les poumons ne sont pas un muscle. Le bébé a besoin de calme, de respect de ses besoins physiologiques : nourriture, chaleur, absence de douleur, propreté, attention des adultes qui s’occupent de lui.

Ce dernier point n’est d’ailleurs pas le moins important comme le dit Arthur Janov en expliquant qu’on doit être au service d’un enfant jusqu’à 6 mois. Si on lui fait attendre longtemps la tétée, si on le laisse pleurer alors qu’il a un malaise, il se croit abandonné. Emmi Pickler dans ses observations et son travail au pensionnat de Loczy a aussi noté l’importance de l’attention que l’adulte porte à l’enfant.

Maria Montessori fait le même constat quand elle explique que les adultes doivent être observateurs de l’apprentissage de l’enfant et ne pas agir à sa place.

L’attention est une chose que la mère donne sans compter, et surtout elle donne toujours au delà de ses capacités et peut fonctionner avec des réserves plus que vide. Ce fonctionnement abouti à un moment à un détachement où elle ne prendra plus soin de son bébé, de sa famille au même titre qu’un bébé ne pleure plus à force d’absence de réponse de ces parents.

On peut assister actuellement au retour du féminin, des cercles de femmes, des tentes rouges, des soins spécialement pour les femmes comme les soins rebozo… Tout autant d’activités qui naissent, re-naissent afin que la mère puisse se reconnecter avec son féminin, que la mère soit de nouveau femme quand elle a oublié cette partie d’elle-même, oubli qui crée le malaise. Cette découverte ou re-découverte, cette naissance ou re-naissance est aussi bénéfique à l’homme, au père. Le conjoint peut être craintif à l’idée que sa compagne ouvre la porte de son féminin, celui qui a été oublié. Le partage au sein du couple aidera à la transition et l’homme profitera aussi de l’évolution amenée par sa compagne dans la mesure où il est prêt à lui même évoluer et là, c’est un autre sujet.




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