Archive Monthly Archives: octobre 2014

Les grandes découvertes de l’enfant de 0 à 2 ans

21 octobre 2014

Quand il nait, il ne connait presque rien du monde qui l’entoure. Bien sûr il attendu les voix de sa mère et des adultes qui gravitent autour d’elle, il a ressenti des mouvements, des bruits quand il était dans le ventre. A la naissance c’est la grande découverte des lumières, des odeurs, des sons, du toucher, du goût, des sensations physiques de la digestion, des changement de température… un monde inconnu.

Il vit dans le présent, ne connait pas la notion de temps, d’espace, il ne sait pas ce qu’est son corps, qu’il y a lui et d’autres personnes. Les premières semaines sont donc un temps important d’acclimatation à ce nouveau milieu. (ndr : limiter les déplacements, le nombre d’endroit où l’enfant sera amené, le nombre de personne qui s’occuperont de lui, lui permettra d’être plus sécure)

Les premières semaines d’exercices physiques qu’il peut faire à plat dos sont de bouger sans en avoir le contrôle, ses bras, ses jambes. Au fur et à mesure, il comprendra qu’il peut agir sur son bras pour le lever, porter sa main à la bouche, pareil avec ses pieds. Cet apprentissage demande du temps, il est difficile d’imaginer cela de notre vue d’adulte.

 «L’enfant n’a de lui-même comme du monde qui l’entoure qu’une conscience fragmentaire, morcelée : les diverses parties sont, au début, sans rapport entre elles. Cette prise de conscience parcellaire des diverses parties de son corps et des leur possibilité fonctionnelle correspond aux premières ébauches de structuration de la personnalité. Ce n’est que peu à peu, au fur et à mesure que se poursuivent les progrès de coordination, que ces fragments se joignent pour aboutir à une unité »

Cette unité oeil-main-bouche est établie entre 6 et 7 mois. Il a besoin de tout ce temps pour faire le lien entre les éléments. Les liens se font au fur et à mesure de la répétition quotidienne de gestes qui sont naturels et pour lesquels il n’a besoin d’aucune aide.

De la même manière qu’il a découvert son corps en faisant des mouvements réflexes puis contrôlés, il découvrira sa voix. D’abord en étant surpris d’entendre un son sans savoir d’où il vient, puis au fil du temps de contrôler ses cordes vocales et de moduler les sons. C’est une joie pour lui, il voit aussi dans le regard de l’adulte qui est là, les sourires qui accueillent les premières vocalises.

De 1 à 18 mois, l’enfant a besoin d’éliminer tout ce qui est désagréable et cherche ce qui est agréable, ce qui lui procure des sensations de plaisir. Lorsqu’il pleure il est totalement envahit par le malaise, il a besoin d’être rassuré, consolé, il a besoin de retrouver un état de bien être. Il lui faudra plusieurs semaines pour être capable de se consoler seul. De pleurs de douleur ou de malaise, les sources d’insatisfactions évolueront vers les pertes. La perte d’un jeu, de la tétine, de la présence maternelle sont aussi des moments de perte d’un état de bien être. C’est une période où l’enfant est exigeant, ses besoins de présence sont importants surtout les 3 premiers mois. Les soins maternels affectueux favorisent son éveil à la vie et son développement psychomoteur. En l’absence de ceux-ci il pourra développer un plaisir de l’activité pour fuir un sentiment de malaise plutôt que par plaisir de la découverte.

(ndr : Est-ce cette fuite d’un sentiment de malaise qui rendraient certaines personnes sur actives ? Ce sentiment remontrait-il à l’enfance ? On peut se poser la question)

« On voit donc comment l’enfant dont les besoins sont satisfaits peut ressentir les expériences de la vie éveillée comme bienfaisantes et en retour éprouver des sentiments positifs d’amour ; comment au contraire, si ces besoins ne sont pas satisfaits, il peur ressentir ces expériences comme malfaisantes et concevoir à leur égard négativisme et rage »

Ces premiers vécus de nourrisson sont très importants pour faire de la vie une expérience positive.

(ndr : à lire ceci on comprend d’autant plus l’importance du rôle de la mère ou de son substitut dans les premières semaines de vie. C’est elle qui sera là pour rassurer l’enfant, l’aider à apprivoiser ce nouvel environnement qu’est la vie terrestre pour lui. C’est elle qui sera le point de référence pour l’enfant. En conséquence de quoi, il est nécessaire que les mères qui le souhaitent soient soutenues dans cette période sensible.)

Résumé écrit à partir des 3 premiers chapitres du livre de Myriam David « L’enfant de 0 à 2 ans. L’approche psychologique » Editions T.P.M.A – mars 2010

Share

Le 4 pattes AVANT la position assise

17 octobre 2014

 

La joie du mouvement, c’est le titre d’un DVD diffusé par l’association Pikler Loczy de France pour parler des avantages de la motricité libre et cette joie qu’a l’enfant à se mouvoir de sa propre initiative et par ses propres moyens.

Dès la naissance, il bougera les mains, les bras de manières réflexes. Au fur et à mesure de sa croissance, il suivra des yeux les déplacements autour de lui, cela l’amènera à bouger sa tête de droite à gauche et inversement. Ces mouvements lui permettront de muscler sa nuque en douceur, la tête restant posée au sol.Les mains deviendront plus agiles et il pourra prendre un morceau de tissu. En bougeant ses bras, le tissu bougera créant un mouvement devant son regard.L’enfant peut aussi rester à regarder ses mains, joindre l’une à l’autre, toucher ses doigts, les plier, les déplier et ressentir du plaisir à ces mouvements simples aux yeux d’un adulte et qui ont toute leur importance pour le développement des muscles des doigts, de la main, du poignet. Il prendra plaisir à faire ces exercices.

L’adulte peut avoir l’impression qu’il s’ennuie s’il n’y a pas de jeux, de musique, de lumière qui changent autour de l’enfant. Cependant, c’est dans le calme et une lumière douce qu’il peut le mieux appréhender son corps dans les premières semaines de vie. Il pourra expérimenter les sons en poussant des petits cris, il apprendra à s’entendre, puis à s’écouter, jouant avec sa voix. Cet exercice est impossible pour lui s’il y a des jouets sonores en permanence autour de lui, la radio ou la télévision allumée.

Apprendre à prendre du plaisir avec son corps, c’est un bon moyen d’être bien dans sa peau. Le tout petit passe de longues minutes à faire différents exercices pour se muscler de manière totalement naturelle et sans forcer. Il apprend ses propres limites physiques et les limites de son environnement.

En grandissant, il arrivera à se tourner sur le ventre, après de très nombreux exercices pour se mettre sur le côté en soulevant son dos et en tournant ses hanches musclant ainsi d’autres parties de son corps et toujours en douceur. Une fois sur le ventre, il fera des efforts en étirant ses bras vers l’avant pour attraper un jouet posé près de lui. Puis il se mettra à ramper à plat ventre puis sur les genoux en se déplaçant à 4 pattes. Cette pratique est nécessaire à la bonne musculation de son dos et des ses abdominaux, ce qui lui permettra de s’asseoir et de ses cuisses, ses jambes pour se mettre debout.

Un enfant fait donc du 4 pattes AVANT de s’asseoir et non l’inverse quand l’acquisition de ses mouvements est naturelle et respectée par l’adulte.

Le déplacement à 4 pattes est un élément important pour le développement de l’enfant. Le fait de procéder à des mouvements croisés (jambe gauche / bras droit et jambe droite / bras gauche) connecte les deux hémisphères du cerveau. Des exercices de croisés sont proposés en rééducation et kinésiologie éducative pour favoriser les fonctions cérébrales qui peinent un peu. En connectant le cerveau droit et le cerveau gauche, les connexions internes se forment développant les échanges entre les deux parties. Le cerveau gauche est celui du langage, de l’analyse, du raisonnement logique, du calcul numérique. Le cerveau droit est celui de la perception sensible, du ressenti, des émotions.

Plus l’enfant rampe (à plat ventre et/ou à 4 pattes) plus son dos est musclé pour apprendre à s’asseoir puis à marcher. Quand on voit le nombre d’adultes de nos jours qui ont des problèmes de dos, on se dit qu’il est grand temps que la motricité libre devienne à la mode.

En plus d’avoir un corps musclé, l’enfant qui grandit ainsi sera souple et agile. Il pourra découvrir d’autres positions, d’autres mouvements (grimper des marches, monter à une échelle) en toute sécurité. En effet, lors de son long apprentissage il aura appris la mesure de ses mouvements, il sera prudent et attentionné dans ses nouvelles découvertes motrices et ne se mettra pas en danger. L’enfant sait tomber avant de savoir marcher. C’est un avantage certain pour l’acquisition des premiers pas (des premières chutes) qui peuvent parfois inquiéter les adultes.

L’assurance motrice apporte aussi une assurance psychologique, un confiance en soi plus grande, donc du plaisir et de la joie. La motricité libre se déroule toujours sous le regard bienveillant d’un adulte, l’enfant n’est pas laissé seul. L’adulte est présent sans intervenir, l’enfant peut l’appeler s’il est en difficulté. Cela arrive parfois lors des premiers retournements sur le ventre lorsque l’enfant coince son bras sous son corps et n’arrive pas à le débloquer. L’encouragement et l’attention bienveillante de l’adulte, le rassurant sur ses capacités, l’aidera à se dégager seul.

Un enfant a plaisir à découvrir son corps, il est heureux . L’adulte peut avoir crainte que l’enfant s’ennuie ou vouloir qu’il progresse plus vite et de ce fait lui propose de multiples activités et jouets. Ce n’est pas un besoin de l’enfant, c’est une projection de l’adulte.

C’est pourquoi, pour appliquer la motricité libre, c’est l’adulte qui travaillera le plus pour laisser faire l’enfant sans intervenir. Apprendre à être plutôt qu’à faire.

Connaissiez vous cette pratique ?

Venez en discuter sur la page facebook

 Et retrouvez un article complémentaire sur la motricité libre au parc

Share

Laisser l’enfant sur le dos

2 octobre 2014

Laisser l’enfant sur le dos lui permet de se muscler naturellement de manière douce et sans mouvement brusque. Cette position lui laisse la liberté de mouvoir sa tête de droite à gauche pour fortifier ses muscles sans crispation. Elle lui permet de lever ses bras, d’ensuite pouvoir découvrir ses mains, les observer. Puis vient le tour de l’observation des pieds qu’il peut lever et amener à lui. Il fera aussi des mouvements de rotation sur les côtés faisant ainsi travailler les muscles obliques. Les heures passées à faire ses exercices de musculation sans effort durant plusieurs semaines lui assureront pour l’avenir un tonus musculaire plus important lui permettant d’évoluer vers les positions de retournement puis de déplacement sur le ventre,

De cette position et de cette liberté de mouvement sans entrave nait également un sentiment de satisfaction, et de compétence, grandement nécessaire en grandissant pour continuer ses apprentissages.

Résumé partiel du document N°68 « Mouvements négligés » Dr Emmi Pikler 1981

J’ai pu observé un petit garçon qui avait souffert à l’accouchement, il avait eu un gros hématome au niveau de la nuque. Le médecin avait recommandé d’être très prudent et vigilent sur le maintien de sa tête afin qu’il n’ait pas de séquelle plus tard. Dès les premières semaines, je laisse l’enfant sur le dos, posé sur un tapis, musclant naturellement sa tête en la tournant de droite à gauche. Il a passé de longues minutes à observer ses mains, plier, déplier ses doigts un à un, tourner ses poignets. Et moi, d’aussi longues minutes d’observation avec bonheur de le voir faire méticuleusement chacun de ses gestes.

A l’âge d’un an le médecin qui l’avait vu nourrisson a été très surpris de l’état de sa nuque, aucune séquelle de l’hématome, la tête était parfaitement mobile.

En grandissant, il a développé des capacités en motricité fine impressionnante, démontant et remontant le téléphone portable de sa mère avec un petit tournevis, il avait 4 ans je crois (il avait pour modèle son père qui le faisait sur des ordinateurs).

C’est aujourd’hui un petit garçon de 7 ans, très musclé, qui ne s’est jamais blessé en tombant, même lorsqu’il a fait un soleil avec son vélo passant par dessus le guidon.

Bien sûr, le respect du développement de l’enfant en motricité libre ne signifie pas qu’il sera totalement exempt de douleurs, de crispations à l’âge adulte, cependant les réflexes dynamiques et posturaux auront été acquis naturellement assurant des mouvements souples et harmonieux.

Une autre observation d’une petite fille qui a eu une naissance difficile également avec spatules. Elle a grandit sans la motricité libre, inconnue à l’époque de ses parents et de l’assistante maternelle. A 11 ans, en 6ème, elle fait une première sciatalgie, le dos bloqué, une pointe douloureuse dans la fesse, le médecin prescrit des séances de kiné. Elle ira  une fois les séances de kiné finies, presque tous les mois durant plus d’un an chez l’ostéopathe pour cause de déplacement au niveau du dos. Rien n’y fait, les douleurs sont régulières, le dos se bloque souvent. Heureusement, sa maman découvre la rééducation dynamique et posturale, outil magnifique pour remédier à l’absence de fonctionnement de certains muscles. Les muscles de la nuque de fonctionnent pas tous, elle ne peut pas projeter sa tête en avant sans un mouvement d’épaule. Sa jambe gauche réagit moins (visible en séance de patinage où seule la jambe droite peut la propulser). D’autres points sont travaillés également au niveau du dos. Après 2 fois 6 semaines de travail 2 fois par semaine sur des mouvements précis, les blocages cessent.

Laisser l’enfant sur le dos, posé sur un tapis, quelques minutes par jour lorsqu’il est tout petit, puis de plus en plus longtemps l’aider à développer sa musculature et sa confiance.

Soyez rassuré si vous découvrez seulement aujourd’hui la motricité libre pour votre enfant, ce qu’il n’a pas été acquis pourra être récupéré par ce type de rééducation.

Prolongez votre découverte avec l’article « le 4 pattes avant la position assise »

 

 

 

 

Share

Avancer dans la vie sans stresser

 

Recevez une série de 6 vidéos exclusives pour découvrir le rythme à adopter pour être un parent zen et pleinement épanoui

Vous avez réussi votre inscription